Samedi 29 avril 2006
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J’avais développé, en quinze d’existence, une haine profonde de la beauferie. Cette haine m’empêchait d’aimer 90% des habitants de ma ville. J’avais en outre développé une grande attirance pour la beauté, autant futile que profonde. La beauté sous toute ses formes était une excellente échappatoire à ce monde si moche et ennuyeux. Ma ville, d’une dizaine de milliers d’habitants m’avait rendu si prétentieux et narcissique que j’en arrivais à me considérer comme un être à part. J’avais le sentiment de voir ce que les autres ne voyaient pas, j’avais “un regard authentique” sur les choses. Je viens d’un milieu bourgeois de province qui ne veut en aucun cas s’affirmer bourgeois. J’étais bourgeois sans l’être. En ce temps, la vie semblait morose, j’étais amoureux sans l’affirmer, j’étais très timide. Je me sentais solitaire car je ne voulais en aucun cas me mélanger à ce que je considérais comme une “populace invertébrée”. Je lisais beaucoup de roman, et je préférais, pour flatter mon ego, les romans classiques. Grâce à ces livres je pouvais prétendre à une marginalité culturelle voulue en opposition aux thouarsais moyens (les habitants de Thouars, s’appellent thouarsais). En politique, j’étais marxiste, socialiste, tendance libertaire; surtout en totale opposition à n’importe quel discours, j’adaptais mes idées en fonction des idées d’en face de façon à être toujours contre. J’ai ainsi tenu tête à des anarchistes tout en l’étant plus ou moins. J’aimais l’opposition non violente et je ne mouillais jamais contre un ennemi qui ne semblait pas à ma portée. J’étais une petite frappe intellectuelle incapable d’affirmer la même idée deux jours de suite. J’étais plus beauf que la plupart de ceux qui constituaient cette communauté bizarre qui aimait parler fort et qui sentait toujours la bière. J’étais en somme une espèce rare : un anarchiste snob.
Le “beauf” qui vit exclusivement en campagne et dans les villes moyennes, aime se montrer au volant de sa voiture même si celle-ci n’est pas vraiment belle. Le beauf -ou bof- est capable de boire un pack de bière à bas prix plusieurs fois dans le week-end. Le beauf n’est pas vraiment riche (vous l’aviez sûrement deviné) mais il aime montrer tout ce qui s’apparente aux peu de richesses qu’il a. Si le beauf gagnait au loto, il se ferrait une joie de le montrer. Le beauf est démonstratif et quand il s’énerve il aime le faire avec exubérance. Le beauf était tout ce que je ne voulais pas devenir et je faisais tout en opposition à cette catégorie d’individus.
Le snob anarchiste vit à la campagne mais aimerait mieux vivre en ville, il n’est pas très démonstratif, aussi bien sentimentalement que financièrement. Le snob anarchiste ne boit que pour se saouler car quand il a beaucoup bu, le snob anar philosophe sur peu de choses. Le snob anar achète le journal deux à trois fois par semaine afin de pouvoir s’indigner contre tout ce qu’il lit, et puis lire le journal lui permet de se défendre contre cette “beauferie” qui le hante.
Le “beauf” qui vit exclusivement en campagne et dans les villes moyennes, aime se montrer au volant de sa voiture même si celle-ci n’est pas vraiment belle. Le beauf -ou bof- est capable de boire un pack de bière à bas prix plusieurs fois dans le week-end. Le beauf n’est pas vraiment riche (vous l’aviez sûrement deviné) mais il aime montrer tout ce qui s’apparente aux peu de richesses qu’il a. Si le beauf gagnait au loto, il se ferrait une joie de le montrer. Le beauf est démonstratif et quand il s’énerve il aime le faire avec exubérance. Le beauf était tout ce que je ne voulais pas devenir et je faisais tout en opposition à cette catégorie d’individus.
Le snob anarchiste vit à la campagne mais aimerait mieux vivre en ville, il n’est pas très démonstratif, aussi bien sentimentalement que financièrement. Le snob anarchiste ne boit que pour se saouler car quand il a beaucoup bu, le snob anar philosophe sur peu de choses. Le snob anar achète le journal deux à trois fois par semaine afin de pouvoir s’indigner contre tout ce qu’il lit, et puis lire le journal lui permet de se défendre contre cette “beauferie” qui le hante.
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